jeudi 16 juillet 2009

Jeudi 16, finit de rire (au moins pour aujourd'hui) !!

1) Une journée de merde.

Je serai bref sur cette journée qui ressemblait à celle d’hier en pire et semble se répéter dans les jours à venir. En 8h de présence au bureau, je n’ai fais qu’un seul travail : collé 4 enveloppes. Entre temps nada. J’ai demandé à tout les gens du bureau de me donner le travail qu’ils ne voulaient pas faire. Jje me suis sentie extrêmement humilié lorsque vers 16h30 un de mes collègues m’a tendu ces 4 misérables enveloppes et que je lui ai remis 1 minute plus tard ma seule réalisation de la journée.
La vie à la maison est encore pire. Les repas se passent dans le silence général ; je précise par ailleurs que Guillaume ne commence à m’adresser la parole que vers 18h. Quand à sa femme, elle a visiblement le baby blues et ce n’est pas ce vaste appartement non meublé avec des murs plus blancs que blancs qui vont changer des choses. Je passe le reste de la soirée seul à écouter de la musique tout en rédigeant ce cher blog…
Mon très faible débit internet (je ne peux presque rien charger) et les très fréquentes coupures de courant et donc d’internet (toutes les heures) finissent de dresser ce charmant portrait.
Mais l’élément qui me chagrine le plus c’est l’absence totale de gens à qui parler, d’amis. Dans mon quartier il n’y a pas d’expatriés et il faut aussi savoir qu’il est très difficile d’entrer en contact avec des indiens. Si je veux rencontrer des gens, il faut se rendre à Delhi et avec un l’A/R à 20 euros, on y réfléchi à deux fois.
Bref, pour le moment ce n’est le début de mon expérience donc wait & see. Mais je commence à me demander ce que je fais là.


2) Focus : La pauvreté dans les rues de Delhi

Comme vous le savez surement, l’Inde connait actuellement une très forte croissance économique qui la place souvent comme le rival économique de la Chine (ce qui n’a pas de sens mais j’en reparlerai une autre fois) et une future grande puissance mondiale.

Alors qu’en Chine on voit l’émergence d’une classe moyenne, La population Indienne voit surtout un enrichissement des déjà plus riche et une stagnation des conditions de vie du reste de la population. Ces écarts sont d’autant plus criants que ces deux classes se font face dans la rue. Je m’explique, Les plus riches sont réparti en « archipels » de communautés totalement fermées sur l’extérieur, où se concentrent hôtels, ambassades et commerces occidentaux. Ces archipels se coupent de l’extérieur quasi-systématiquement par un mur recouvert de barbelés (à voir sur les photos du jour). Juste derrière le mur, la situation est toute différente : des familles entières dorment sur le trottoir et on en croise à presque touts les coins de rue. Inutile de vous dire que les enfants se balladnte partout, leurs portrait tel que dressé par « slumdog millionnaire » est à peine caricatural (et encore je ne suis pas allé dans les vrais bidonvilles). L’Etat sanitaire des rues est déplorable surtout lorsque l’on s’éloigne du centre.

Souvent, si la voiture dans laquelle vous êtes se retrouve bloquée dans un embouteillage ou à un feu rouge, des gens viendront mendier à votre fenêtres et ce montreront plus ou moins insistants. Récemment, je sortais d’un très très bel hôtel (l’imperial, ce qui montre bien qu’entre des lieux de richesses et d’extrêmes pauvreté, il n’y a qu’un pas) et une femme dans un état indéfinissable est venu taper à ma fenêtre. Comme on ne lui répondait pas, elle prit son bébé et le plaqua contre la fenêtre. Le bébé était crasseux, il avait un corps difforme et il lui manquait un œil. La scène dura trente seconde et elle était insupportable, dans le sens où nous qui vivons la belle vie en Inde comme en France, on se retrouvait confronté violemment à ce qu’est l’extrême pauvreté et sa persistance de masse dans ce pays à très forte croissance qu’est l’Inde.

Et les choses ne sont pas prêtes de changer. Bien sur, vous connaissez le système des castes, officiellement abolie mais qui est encore très présent à la campagne et aussi en ville dans une moindre mesure. A cela il faut ajouter l’importance de la région d’origine, de la religion pratiquée et du nom de famille. Guillaume et sa femme indienne m’ont confirmé que la mobilité sociale n’existe pas en Inde, ils n’ont jamais connu d’exemple de personne qui avait franchit un réel pallié sociale.

Ce qui est extrêmement choquant c’est aussi l’indifférence totale que manifestent un client à son serveur ou un patron à son chauffeur. Pas un regard, pas un merci, le mépris et totale et la vision de la pauvreté banalisée. Pour ces gens de la upper class, « la croissance résoudra automatiquement ce problème, qui n’en est pas un par ailleurs « (je cite un avocat indien qu’a rencontré Guillaume)

Le gouvernement ne fait (presque) rien pour lutter contre la pauvreté. Les écoles sont payantes. Les pauvres sont repoussés vers la périphérie, des quartiers sont presque entièrement nettoyé d’où une pauvreté qui est parfois moins « visible ». Pire, certaines élites corrompues, avec l’appui de grandes entreprises françaises (L’exemple qu’on m’a donné est celui de Suez) prennent carrément aux pauvres pour donner aux riches.

Une écrivaine indienne qui a reçu un Nobel a mis en lumière le « scandale des grands barrage ». La région du Pendjab (ouest de l’Inde) a été l’objet (et l’est encore) de très grands travaux d’irrigation. Des opérations de détournement des cours d’eau ont beaucoup bénéficié aux grandes entreprises étrangère (le pot-de-vin est monnaie courante) et où allait cette eau avant d’être détourné ? Vers des pans entiers de petites exploitations généralement tenus par des tribus minoritaire.

Beaucoup d’entre vous n’apprennent pas grand-chose avec cet article. Mais même si c’est un peu l’étudiant en géographie qui parle, c’est violent de se retrouvé face à cette réalité si souvent banalisée à la télévision ou dans les livres.

Cet article peut paraitre un peu étrange dans un blog qui se veut divertissant mais il ne me semblait pas possible d’aborder l’Inde présenter cet aspect.

Pour le moment, je me refuse à prendre des photos de ces gens qui dorment par terre ou qui viennent mendier. Primo, je n’en ai pas le courage, deuxio je trouve que c’est du voyeurisme. Paris match fait cela mieux que moi.


3) Les 10 photos du jour

Les deux premières ont été prise dans le quartier de Kahn, où le m carré est plus cher qu’à Manhattan (il ne faut pas se fier aux apparences, les intérieurs sont somptueux). Les six dernières photos illustre ces fameuses gated communities avec ces barrages, barbelés, murs, caméra, police presque privée etc…




4) On fait quoi demain ?

Demain on essayera de « faire des choses » au boulot (les journées de samedi et dimanche seront surement plus captivantes), puis on parlera des Sikhs. Thématique animalière pour les photos du jour.
En attendant, j’ai plus besoin que jamais que vous restiez fidèle au blog (n’hésitez pas à me demander des choses comme l’a fait Julien hier) et je vous conseille de jeter un coup d’œil à ce blog irrésistible (et instructif !) que m’a montré mon père et qui sait me remonter le moral : http://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/
Journée dédié à Julien, qui a bien mérité ses photos et à qui je dois encore pas mal de chose. Ah, il aura aussi le mérite de commencer une troisième année d’écogéo (que j’aurai bien faite si des résultats surprise à des concours ne m’avaient pas orienter vers d’autres horizons proches) et ça mérite des félicitations.

5 commentaires:

  1. Hey !!
    Jte comprend ça ne doit pas être top, tes journées doivent sembler interminables. Mais je te conseille de rester patient, car quand le projet débutera tu auras certainement quantité de chose à faire.
    Sinon pour en revenir à ton point 2, cela doit être très difficle de se trouver confronter à cette situation, nous avons l'habitude de traiter ces questions dans des livres ou en regardant des émissions, mais être face à ce problème doit amener à refléchir.
    Je comprend ta réticence à prendre des photos de cette réalité, mais ne serait ce pas la meilleure façon de témoigner de l'inégale redistribution des ressources que de prendre des clichés ?
    En tout cas j'espère pour toi que la situation va évoluer. Je te souhaite bon courage.

    Matt

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  2. C'est un argument auquel j'ai réfléchi mais je pense que voir ces familles sur les trottoirs n'apporterait pas grand chose. Mais si d'autres personnes souhaitent que je prenne des photos, je le ferai.

    Pour le reste, je sais bien que je ne suis ici que depuis une semaine. Les choses ne sont pas très droles certes, mais elles peuvent s'améliorer dans les jours à venir (ou pas!). Donc wait & see

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  3. Hey!
    Aie Aie Aie, pas facile l'adaptation...
    Euh une petite question, y a t'il un jour de repos dans la semaine indienne tel que nous le voyons avec le dimanche dans les pays de tradition chrétienne et le vendredi pour les pays musulman?

    Et dans ta résidence, penses tu que tu pourras rencontrer des gens? Enfin je ne sais pas comment elle s'organise, mais peut etre qu'il y a une mini épicerie ou une petite place où les personne de cette résidence se rendent?!

    Bon comme tu le dis, cela ne fait qu'une semaine que tu es ici, peut etre que tu vas sympatiser avec tes collègues et qu'ils t'emmeneront sortir un peu...

    Ciao et à demain, et n'oublie pas de profiter :)

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  4. je conseille la livraison de juin dans le blog tumourrasmoinsbête, c'est hallucinant parfois. Et la fille donne toujours la bibloiographie en fin de BD !

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  5. J'aime beaucoup l'article qui traite des expériences sur animaux

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