mardi 25 août 2009

« Alors, tu le ponds cet avant-dernier article, oui ou merde ? »

Dixit un « admirateur » de ce blog…

Oui ! Je vais le finir ce blog, une fois pour toute ! Et puis la conclusion derrière, c’est tellement facile…la moitié à déjà été rédigé sur le carnet il y 2 semaines.


Donc aujourd’hui, comme promis, je vais un peu parler de toutes ces choses qui m’ont frappé en Inde, de ces stéréotypes que j’avais en arrivant… Bref tous ces aspects de l’Inde que je n’ai pu traiter durant ce blog.



1) « Alors, ce partiel d’eau terrestre ? Tu penses que tu l’as réussi ? »

Il y a presque deux mois tout pile, se déroulait le terrRRRrrible partiel d’eaux terrestre (bouuuh les méchantes 11 pages à apprendre). Quel intérêt ? Et bien ce partiel portait sur le régime des moussons en Inde et quel ne fût pas mon effroi à la découverte de la quantité des précipitations qui tombaient en moyenne durant les mois de Juillet et Aout sur Delhi…
J’étais traumatisé. A la sortie du partiel, quand un ami me demanda si j’avais réussi ce partiel, la seul réponse qui me vint à l’esprit fût « je vais en chier ».

J’avais ainsi trois grandes peurs avant le départ : La nourriture, l’anglais et le climat !!

Ma mère, qui ne doute de rien, avait donc rempli ma valise de deux manteaux contre la pluie et, sait-on jamais, d’un PULL !

Quelle déception au bout de 46 jours d’Inde !!! Seulement 4-5 averses mais pas n’importe lesquelles, pas de l’averse de tapette qui vous trempouille les mocassins ! Ces averses là ne duraient pas plus de 30 minutes mais paralysaient la ville entière par leurs virulences. Toutes les routes étaient inondées et il devenait impossible de mettre un pied dehors sans avoir l’impression de prendre votre deuxième douche de la matinée.
Enfin, tout ceci pour vous dire que le climat est plus chaud et humide en ville que pluvieux dans le reste du pays. La mousson cette année semble s’être avérée très faible, d’autant plus que Delhi n’est jamais vraiment touché.


2) « Mais pourquoi le cinéma Boolywoodien ne dépasse-t-il pas les frontières nationales »

Ah oui tiens, ça alors ! En voilà une bonne question…
Ne soyons pas injuste, techniquement le film que j’ai vu (« love aaj kaal », traduisez : l’amour aujourd’hui) était assez irréprochable question mise en scène, décors, photo ; à quelques gros détails prêt on se serait cru devant un gros blockbuster américain.

Oui, car sinon, le cinéma indien correspond véritablement à tous les fantasmes que l’on peut se faire. Histoire d’amour impossible qui s’éternisent, scènes de danse qui n’ont que peu de rapport avec l’histoire, conflit familial à la pelle, la totale.

Mais ça n’a rien d’irregardable, le film avait beau être en indhi, je ne me suis pas plus fait chier que dans le dernier Anne Fontaine. Dîtes vous juste que ces histoires de séparations et de réunifications à répétition, ce n’est pas pire que 3 épisodes à la suite de grey’s anatomy.

Comme je ne comprends que moyennement l’Indhi, je n’ai pas saisi toute l’histoire : en gros, Mr et Mme forme un couple très moderne à tel point que quand ce dernier doit partir travailler à San Francisco, les deux s’accordent pour se trouver un amant, prétextant que cette relation à longue distance est impossible. Evidemment, on comprend au bout de 5 minutes que c’est deux là ne peuvent pas vivre sans l’autre et qu’ils vont finir par ce remettre en semble après moult péripéties.

Le film avait l’air d’être assez drôle, mais j’ai finis par me sentir visé lorsqu’une étudiante française est entrée dans l’histoire à coup de « excuse mi but je cherche the swimming pool ». Cette dernière était censée être la nouvelle copine décérébrée de Mr. Et l’accent français était bien reconnaissable. Notez que cette dernière était caricaturé comme la touriste occidentale qui, arrivée en Inde, ne pensait qu’à une chose : visiter le Taj Mahal !

Je venais de visiter le Taj Mahal la veille et mon guide qui était à coté de moi lors de la projection, a eu comme un sourire gêné.
Mon héroïne française, même si jouée par la même actrice blonde de transformers 2 (oui, celle qui avait de drôle de choses qui sortaient de sa culotte), se fait jeter comme une souillonne au bout de 15 minutes, le film c’est arrêté à ce moment là pour moi….

Sinon les acteurs ne sont pas si mauvais que ça même si ça cachetonne grave pour les publicités. J’ai du voir monsieur dans, au moins, cinq spots ces derniers jours.

Ce jugement est vraiment à nuancer puisque « love aaj kaal » est un film à très gros budget calqué sur un modèle très occidentale (la moitié de l’action se situe aux USA et il en va de même pour les acteurs).
J’aurai bien vu d’autres films plus « indiens » comme cette histoire d’une lycéenne de 15 ans, qui tombe enceinte (mmmmh ça me fait penser à un autre film….) mais je n’ai vraiment pas eu le temps. Il faut réserver très en avance si l’on veut voir un film en Inde et à raison d’une durée largement supérieur à 2h30, sans compter l’entracte, il faut avoir un emploi du temps bien peu chargé.


3) Les indiens sont-ils roux ?

La première chose qui m’a marqué en arrivant, c’est la couleur orange des cheveux de certains Indiens. Evidemment, aucun de ces individus n’est né roux ; à 95% près, les Indiens naissent avec des yeux noirs, des cheveux noirs et une moustache, hommes et femmes confondus. En fait, il recouvre leurs cheveux d’henné, qui donne cette teinte.

La raison ? Je ne la connais pas trop. Guillaume m’a expliqué que c’était une façon de se laver les cheveux mais je ne suis pas très sur de cette affirmation. J’ai juste remarqué que cette pratique est bien plus courante au sein des basses couches de la société et inexistante dans la upper upper class.

Look toujours, les hommes sont invariablement tous affublés d’une chemise ! J’ai cependant remarqué qu’ils accordaient beaucoup d’importance à la ceinture dont la boucle est sujette à toutes les fantaisies possibles. Là aussi, j’aurai aimé prendre des photos mais les indiens n’apprécient pas vraiment qu’on prenne des clichés de leurs entre-jambe.

La mode des adolescents est tout particulièrement horrible, encore pire que la période von dutch en France, il y a quelques années. Les jeans et t-shirts sont particulièrement moulants et pleins de morceaux de tissus sont collé dessus, c’est moins percutant raconté comme ça mais c’est abominable.

La mode féminine est calquée sur le modèle européen. Neuf pubs sur 10 vantent l’efficacité de la nouvelle crème qui « blanchie » le visage (le dixième restant est dédié aux clefs USB !!), les annonceurs parlent alors de « star face », « white skin » etc. C’est simple, à la télévision ou au cinéma, il n’y a pas un acteur qui ait la peau mate d’un Indien, quitte à faire des surenchères d’effets spéciaux d’effets spéciaux très voyants.

Tiens, prenons l’exemple de la pub garnier :

Une femme décide de se faire peindre le portrait par un homme qui lui plait beaucoup. Le premier jour, elle arrive la peau un peu foncée et elle est très mal dans sa peau. Le peintre en rajoute un peu en peignant ces « irrégularités » sur la toile. Le surlendemain, elle revient avec la peau blanchie, le peintre étonnée rajoute des couches de blanc à son œuvre. Le surlendemain sa peau est devenue plus blanche que blanche ; le peintre, définitivement sous le charme rajoute alors à ce portrait la touche finale : une bague de fiançailles
Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire…

Les seuls à faire preuve d’une certaine « originalité » vestimentaire sont les touristes Français et Italiens, qui se sentent obligés de s’affublés de pantalon bouffants, barbes de 2 semaines, collier et bracelets tellement « Indien » et qui sont profondément ridicules. C’est un peu comme si les Indiens décidaient de s’affubler d’une marinière, d’un foulard rouge et d’un béret pour aller visiter la France…
Sérieusement, je ne pense pas avoir croisé un seul touriste Français sans ces pantalons de clown qu’eux seuls portent.


4) Combien ça coute : vivre en Inde

Et bien, beaucoup plus cher que prévu. Il y a véritablement deux styles de vie en Inde : Soit vous choisissez de vivre à l’indienne et de devenir, en conséquent végétarien (ou presque) soit les pates vous manque trop et vous devrez débourser 2 euros le paquet de 500 grammes ! C’est simple, presque tout ce que l’on a l’habitude de manger en France ou ailleurs en Europe est ici importé et le prix doublé ! J’ai même du renoncer à mes cheerios à 5 euros !
Et comme vous le savez déjà, la white tax s’applique sur bien d’autres produits comme la course en Rickshaw (de 2 à 3 fois le prix d’un Indien après négociation). Vous voulez prendre un chauffeur pour visiter le Rajasthan 5 jours ? Comptez 40-50 euros par jour si vous voulez une voiture viable…

Mylia me l’a confirmé, l’Inde coûte bien plus cher que ce que l’on s’imagine. Les prix sont globalement plus bas qu’en France mais n’espérez pas mener la grande vie votre billet aller-retour payé.

Evidemment, on peut aussi réaliser de très bonnes affaires avec des pashminas de grande qualité à 10 euros et ces pierres précieuses et colliers ethniques qu’on vous refourgue 10 fois plus cher en France. L’autre truc à essayer, c’est de vous faire tailler une veste sur mesure selon des plans que vous avez-vous-même choisi ! Rien ne vous empêche d’imprimer le dernier modèle de veste Dior et de la faire imiter à l’identique par un artisan Indien pour des prix dérisoires.

Pour ma part, je voulais absolument une de ces vestes mais j’ai tellement repoussé ça que je n’ai plus assez de temps pour en commander une.


5) Les Indiens sont-ils sympa ?

Pas vraiment et plus particulièrement dans le nord et encore plus dans les grandes villes. Ici les gens vous fixent constamment, vous bousculent et se moquent de vous quand vous êtes perdu. Et ils sont encore plus durs quand il s’agit d’une femme. Mylia m’a raconté que durant son 9ème mois de grossesse, elle s’était retrouvée seule, perdu dans Delhi, à porter de gros sacs et que personne ne lui était venu en Inde. Il arrive aussi dans certains restaurants, même huppées, que les femmes ne soient pas servies en eau alors que tous les hommes de la table l’ont été, c’est arrivé à Mylia sous mes yeux !

Les enfants sont bien loin d’être des anges et sont parfois carrément violents avec vous.

Enfin n’espérez pas un seul « bonjour », « merci » ou même un ton aimable d’un Indien du nord, Vinnay en est l’archétype. La négociation est particulièrement rude.

De mon point de vue (et de celui aussi de Guillaume), l’individualisme est très présent. Le mythe de la success story individuel est bien là et tant pis pour ceux qui se mettent en travers de leurs chemins. Et le mépris, l’indifférence pour les classes inférieures…

Dernier détail charmant et qui vaut pour la grande majorité des Indiens en général (et de toutes les classes sociales) : le racisme ! Ici le blanc est clairement considéré comme supérieur alors que les noirs sont juste au dessus des chiens (et encore…). Les chinois ne sont pas mieux loties et les avis sont plus partagés sur les arabes (on distingue bien les arabes du Pakistan des arabes de Dubaï.

Les indiens du nord est sont aussi particulièrement discriminés par leurs couleur de peau plus « jaunes ». Le chef peintre d’electraevents est Népalais et s’il lui arrive de demander un pinceau à un peintre Indien, ce dernier ne le lui donnera jamais…


En revanche, toutes les personnes que j’ai rencontré s’accordent à dire que les indiens du sud sont beaucoup plus chaleureux, notamment ceux de la campagne. Je ne vais pas beaucoup argumenter dessus puisque je n’en connais pas beaucoup, à l’exception de John, qui est en effet une crème.


6) Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends, Friends.


Je termine avec le programme de la télé Indienne. Là encore, deux types de chaine : celles qui ne diffusent que des programmes Indiens en Indhi et celles qui ne présentent que des programmes américains en Anglais.

J’ai évidemment jeté un coup d’œil au premier type de chaîne mais le plaisir des couleurs criardes et la joie de ne rien comprendre ne dure pas plus de quinze minutes. Après de multiples zappings j’ai noté que les Indiens appréciaient beaucoup les enfants singes qui savent chanter et danser comme des grands…

Pour ce qui est des programmes américains, c’est le grand luxe : les dernières saisons de 24 (que je n’ai pas regardé exprès), reaper, Lost, Grey’s anatomy, everybody loves raymond etc. Mais surtout des journées entières de Friends…sur plusieurs chaînes à la fois ! Les Indiens en sont littéralement fous et les coffrets trônent en tête des ventes dans les fnacs locales et je vous assure que ce n’est pas du tout un phénomène récent. Niveau film, c’est aussi le grand luxe avec des chaînes comme HBO et Star world.
En une soirée j’ai pu voir à la suite « Horton », « Starsky et Hutch » et « planet terror » par exemple. J’ai aussi revu « stepbrothers », « Harold Crick », « Matrix », « Sans Sarah rien ne va », « Closer » à des horaires où l’on a pour habitude de passer « Derrick » en France.

Deux limites quant même : les pubs toutes les 15 minutes et surtout la terrible censure qui coupe systématiquement toutes les scènes de violence et/ou un peu chaude, quitte à ne plus rien comprendre l’histoire. Le fabuleux « stepbrothers » ne durait plus que 55 minutes montre en main, autant ne pas le diffuser…



B) Dernier Diaporama


Un peu de tout mais surtout des clichés un peu décalés et mes photos préféré pour terminer en beauté cette rubrique !
Vous verrez donc :
- Des gens entrain de se faire raser par les sweeny Todd locaux
- Vous comprendrez l’origine des fréquentes coupures d’électricité
- Une bonne averse, c’est quant même le meilleur moment pour se laver !
- Une copie, à peine voilée, d’une série américaine bien connue et à base de super-héros
- Et si Mona Lisa était elle aussi partie chez les Indiens?
- « la vie c’est comme une boîte de chocolat… »
- Et le Taj Mahal est sponsorisé par…
- Quelques visages familiers : Zoya, la-plus-belle-moustache-d’-Inde et…OH MON DIEU… BEN LADEN !!!
- Mon cliché préféré (juste après Ben Laden ndlr)
- OH MON DIEU (bis)… POMPIDOU EST DE RETOUR !!






C) Conclusion

Voilà ! Vous avez ici un petit condensé de tout ce que je voulais raconter avant de conclure en beauté ( ?) ce blog. Je vous donne donc très bientôt rendez vous pour un ultime article-conclusion bien plus court que celui-ci qui vient de battre, pour l’occasion, un record de longueur…

Sinon cet article est dédié à BENOIT, qui a eu la bravoure de me supporter pendant plus de 17 ans (qui mérite amplement sa dédicace)

Et à mon futur(e)nouveau/nouvelle petit(e) frère/sœur (vous faites chier à ne pas me dire son sexe !) : RAPHAEL / ANNA ; c’est avec le plus grand bonheur que je m’apprête à faire ta connaissance et je te jure que je me battrai jusqu’au bout pour qu’on ne t’inscrive pas au clan Chippewa !

2 commentaires:

  1. ici delphine la baleine à bosse, comme dit ton facétieux frérot. La baleine est plutôt émue à la lecture de la conclusion, et le schtroumpf qui l'habite encore pour quelques jours, fait des bonds hystériques à l'idée de faire enfin connaissance avec le tandem infernal Gui-Gui/Be-Be. En voilà un (ou une) qui n'aura pas besoin d'un camp chipppewa pour apprendre la discipline : pour l'instant, il/elle fait un sans faute, et notamment semble proche de d'honorer la demande de son grand frère n°1; à savoir ne pas naître en août (déjà pris dans le calendrier des anniv') et attendre le retour du frère prodigue des Indes. NB : Ton frère a menacé de s'arrêter de respirer si on ne lui disait pas le sexe de la "larve" (je le cite)....rien à faire, la surprise reste entière et pour TOUT le monde .... non on ne complote pas...!!!
    Même ton père résiste héroïquement à la tentation d'ouvrir l'enveloppe secrète. Tu peux toujours essayer de le corrompre...:-). Bises, on pense à toi pour the final countdown!!!!

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  2. remoi, delphine. après la semaine dans le Perche, sans internet, je rattrape mon retard de lecture. Ai posté un commentaire sur l'article du 19... gros bisous, je me suis régalée à te lire et t'imaginer en train de coacher les hordes de tire au flancs indiens , bravo !

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